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La RSE peut-elle améliorer nos emballages ?

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Qu’ils soient en carton, plastique ou verre, nos emballages représentent des risques, d’abord pour la santé des consommateurs et de notre planète, mais aussi pour la santé économique des entreprises et des états.

J’accompagne actuellement dans la certification PEFC un imprimeur d’emballages alimentaires. Le label PEFC garantit une matière première issue de forêts gérées durablement et implique une démarche sociétalement responsable à tous les niveaux de la chaîne de contrôle. Pour cet imprimeur, une PME familiale de moins de 10 salariés sans démarche RSE formalisée, cette certification fut vécue comme une simple formalité. 

Qu’y avait-il déjà pour être certifié ?

Cette société avait déjà un système qualité et traçabilité en place. Ses pratiques loyales et rigoureuses envers ses fournisseurs lui ont permis d’identifier et nouer facilement un partenariat avec des fournisseurs certifiés PEFC. Enfin, comme beaucoup de TPE et PME, le dirigeant menait déjà une politique RSE sans le savoir !

Mon diagnostic a permis de mettre en lumière les atouts essentiels de cette entreprise :

  • Une activité en croissance régulière, sous une gestion saine qui se traduit dans la redistribution d’une partie des profits vers l’investissement et les salariés.
  • Une politique d’entreprise portée par le gérant sur le terrain, connue et partagée par des employés formés, autonomes et impliqués.
  • Une démarche qualité formalisée et efficiente, même si non certifiée.

Que manquait-il ?

Il ne manquait que les preuves ! La certification PEFC nécessite certes de formaliser quelques procédures de contrôle et d’organisation. A part cela, aucun investissement lourd, principalement du temps, affecté à la gestion globale de l’entreprise. Car oui, toute action RSE a un impact dans et hors l’entreprise ! Il suffit le plus souvent d’améliorer ou simplement mettre en valeurs des actions déjà en place. Voici quelques exemples :

  • Faire un suivi de votre consommation d’énergie en fixant des objectifs et menant des actions de réduction de votre consommation.
  • Mettre en place une gestion responsable de vos déchets : toutes vos parties prenantes peuvent et doivent être mobilisées dans le projet. Contre toute attente, ce chantier commence… par les habitudes de consommation et les modes d’alimentation de vos salariés !
  • Publier sur votre site et réseaux sociaux une photo et un article sur une réunion d’information sur la stratégie de votre entreprise : vos autres parties prenantes seront heureuses d’avoir de vos nouvelles sous cet angle ! Pour les besoins de certaines normes, pensez à faire émarger à la fin de cette même réunion (qui peut aussi être envisagée comme une formation).

A l’issue de mon diagnostic RSE, cette entreprise disposait :

  • d’une matrice de matérialité de ses parties prenantes,
  • une politique d’entreprise écrite, incluant des engagements sociaux et environnementaux.
  • une feuille de route et des objectifs RSE intégrés dans sa stratégie globale
  • un outil d’auto-diagnostic RSE

Et pourquoi pas FSC ou IMPRIM,VERT ?

Les labels PEFC et FSC se fondent quasiment sur le même référentiel, seules leurs audiences diffèrent, sans être exclusives. Ainsi, on trouve plus facilement le PEFC sur les ouvrages imprimés et des emballages cosmétiques et le FSC sur les emballages alimentaires. De plus, chacun se spécialise sur certaines essences de bois, là encore sans exclusivité. Un imprimeur a donc tout intérêt à viser les 2 certifications en même temps pour optimiser les coûts de certification (1 audit pour 2 labels !) et s’ouvrir à un plus large marché.

Concernant Imprim’Vert, qui se concentre sur l’aspect Sécurité-Environnement des seuls imprimeurs, je ne le rencontre que dans la presse et l’édition. Il est curieux de constater qu’aucun emballage alimentaire, plastique ou carton, ne soit certifié Imprim’Vert ni même d’un label équivalent. Les normes d’hygiène et sécurité imposées dans le secteur alimentaire font que cet imprimeur est déjà préparé pour être certifié Imprim’Vert même sur ses emballages. On trouvera en revanche plus facilement sur les produits alimentaires des labels d’agriculture responsable sinon bio. Ce type de label ayant heureusement tendance à devenir LA norme dans l’alimentaire, ceux qui n’y sont pas encore sont en retard ![interview Imprim’Vert à venir]

Concernant les labels écoresponsables et bio sur les produits alimentaires, ceux qui n’y sont pas encore sont en retard.

Frédéric ALLEXANDRE

La RSE nous apprend aussi que les meilleurs déchets sont… ceux qu’on ne produit pas !

Il est facile de culpabiliser les consommateurs produisant trop de déchets mais en quoi sont-ils responsables du suremballage ?

Lire mon article à ce sujet.

Au final, quelle recette pour une démarche RSE, source de performances durables ?

Tout d’abord, nul besoin d’être une SCOP ou une association pour avoir une démarche RSE exemplaire. D’ailleurs aucun statut ne garantit sur le terrain une démarche vertueuse en matière sociale et environnementale. Seuls les femmes et hommes qui interagissent avec l’entreprise sont garants de sa responsabilité sociétale.

Une démarche RSE exige un cap clair, connu et partagé

La priorité des dirigeants doit rester d’avoir un cap clair, connu et partagé par l’ensemble de ses parties prenantes, au premier rang desquels les salariés. Rien n’est possible sans l’implication concrète des salariés dans la réussite de votre projet d’entreprise. Pour cela il faut au moins ces 3 conditions :

  • Chaque salarié.e connaît le.la patron.ne ! Avec ou sans syndicats, le.la Président.e/Gérant.e doit avoir un visage, être à l’écoute et actif dans le dialogue social.
  • Tout le monde adhère au projet d’entreprise : pour fixer un cap clair et partageable par l’ensemble du personnel, la direction doit peser les potentiels, les contraintes et attentes de toutes ses parties prenantes.
  • Une politique intelligente de redistribution des bénéfices qui permette à la fois la pérennité de l’entreprise (par l’investissement), l’enrichissement personnel (de tout le personnel !), et même l’optimisation fiscale grâce aux avantages fiscaux liés aux investissements, aux accords d’intéressement et de participation, ou encore au mécénat injustement boudé par les entreprises françaises.

Qualité et RSE : même combat !

Mais avant de chercher une certification RSE, vous devez adosser votre démarche RSE à votre Système Qualité (SMQ). Car, même de manière informelle, il est rare de ne pas trouver de SMQ en entreprise. N’ayez pas honte, le Système D est parfois un système qualité plus utile qu’une norme ISO9001 ! Il peut être aussi source de performances sociales et économiques. Ainsi, une démarche RSE peut et doit intégrer n’importe quel système qualité. Et si vous avez déjà un service Qualité-Sécurité-Environnement (QSE), alors vous faîtes déjà de la RSE ! Mais par pitié, la RSE n’est pas une subdivision du service marketing ou communication ! En effet, la RSE, tout comme la Qualité, dépend directement de la Direction Générale de l’entreprise. C’est la RSE qui donne un sens aux services marketing ou communication, pas l’inverse.

C’est la RSE qui donne un sens aux services marketing ou communication, pas l’inverse.

F. ALLEXANDRE

3 catégories de parties prenantes sont majeures dans la vie de toute organisation: les clients, les salariés et les fournisseurs. Vos relations avec elles doivent être de même qualité. Nul besoin d’un classement pour ces 3 catégories, si l’une déraille, les autres suivent !

exemple de matrice de matérialité des parties prenantes

Frédéric ALLEXANDRE – conseil RSE, vous accompagne dans toutes les phases de votre démarche RSE.

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